Structures de flamme et Combustion – CT


Activités de recherche

Le Laboratoire a une activité importante et reconnue dans les domaines en rapport avec la théorie, l'analyse et la modélisation des flammes laminaires ou turbulentes. Du point de vue des applications, les travaux correspondants, qu'ils soient de nature analytique, numérique ou expérimentale, concernent la propulsion aéronautique, terrestre ou spatiale, ainsi que la production d'énergie et la sécurité. Ils bénéficient d'un soutien constant aussi bien de la part des industries concernées (Snecma, CNES, MBDA, Renault, GDF, Air Liquide, EDF, etc.) que de l'ANR (Micromélange, Intermac). Notons enfin que le Laboratoire participe au programme INCA (CNRS / ONERA / Snecma) pour des activités de modélisation de la combustion en écoulement rapide et de combustion cryotechnique. Entre 2006 et 2010, les activités se sont principalement articulées autour des 8 thématiques présentées ci-dessous, qui recouvrent aussi bien des études à caractère fondamental (concernant la théorie et la formulation de modèles) que des travaux expérimentaux ou numériques.

 

  • Allumage, extinction, propriétés électriques des flammes

Si, en matière de combustion dans les moteurs à piston, l'utilisation de mélange pauvre promet un gain appréciable de rendement, cette solution s'accompagne aussi de difficultés pratiques majeures telles que les «ratés» d'allumage. Depuis une dizaine d'année, une collaboration étroite a pu être établie avec le groupe Renault S.A. pour développer des procédés d'allumage robustes basés sur l'emploi de décharges électriques. Le fruit des études qui s'en sont suivies est une connaissance de plus en plus fine des phénomènes qui se produisent au moment de la décharge. Ceci a permis, entre autres choses, de développer un diagnostic performant de mesure de concentration locale. Pour ce qui concerne l'allumage lui-même, ces études convergent aujourd'hui vers la définition de systèmes utilisant des décharges à haute fréquence ou des décharges couronnes dont les rendements sont très élevés.

 

           

Fig. 1 : Décharge couronne (0.5-0.7 mJ). Image moyenne (gauche) et instantanée (droite).

Dans les conditions de fonctionnement représentatives des moteurs à pistons, la durée caractéristique des phénomènes auxquels on s'intéresse n’excède que rarement 50 ms, ce qui constitue une contrainte majeure pour mettre en oeuvre la plupart des techniques de diagnostics. Nous nous attachons donc à favoriser le développement de techniques de diagnostics adaptées, en privilégiant les techniques optiques non intrusives. Les efforts se sont concentrés sur la détermination locale d’espèces chimiques, par spectroscopie d’absorption, par fluorescence induite par plan laser (PLIF) et par décharge électrique (reposant sur la caractérisation d’une décharge électrique pendant la phase dite d’avalanche). La présence d’espèces ionisées dans le front de flamme et dans les gaz brûlés permet de l'assimiler à un plasma froid et ainsi de pourvoir venir interpréter les signaux d’ionisation enregistrés à l’aide de sonde de Langmuir pour caractériser les phénomènes d’interaction flamme / paroi. Après les travaux de Thèse de Bastien Boust (Dir. : J. Sotton, M. Bellenoue), recruté Ingénieur de Recherche au Laboratoire en 2007, ceux de M. Karrer soutenus en Octobre 2009 ont donné lieu au dépôt d'un brevet associé à ce développement métrologique spécifique.

 

  • Combustion en milieux désordonnés

Les inhomogénéités de composition des pré-mélanges réactifs imparfaits (gazeux ou solides) sont parfois de taille individuelle grande devant l’épaisseur des flammes, mais très faible devant l’échelle à laquelle le milieu semble homogène. La propagation locale de fronts réactifs s’effectue alors préférentiellement le long de chemins privilégiés, ou «canaux», formant un réseau dont la connectivité aléatoire conditionne la propagation durable à grande échelle. Ce type de situation a été abordé par une méthode mixte analytique / numérique. La forme des fronts de propagation le long de chaque canal et les critères de propagation / extinction associés ont d’abord été déterminés théoriquement, puis les résultats contrôlés par Simulation Numérique Directe. Dans une seconde étape, des simulations de propagations simultanées de nombreuses flammes individuelles sur des réseaux aléatoires ont été effectuées, et la statistique des résultats dépouillée à l’aune de concepts empruntés à la Percolation (de liens). Dans le cadre de la Thèse de O. Esnault (dir. : Y. D'Angelo, G. Joulin), des seuils de propagation (fraction minimum de canaux à propagation viable), des exposants critiques, et des lois d’échelles ont été mis en évidence, ainsi que des simplifications drastiques des modèles laissant ces dernières inchangées.

 

  • Couplages entre acoustique et flammes de pré-mélanges gazeux

La propagation d’une flamme dans un mélange gazeux préalable est très subsonique, donc vulnérable aux écoulements qu’elle rencontre et contribue à modifier. C’est le cas quand les plissements d’un front de flamme et son déplacement d’ensemble le long d’un tube sont couplés à l’acoustique qu’ils génèrent et subissent. Ce type de situation été abordé par une méthode mixte analytique / numérique. L’acoustique externe au «flame-brush» a été obtenue analytiquement à la limite des petits nombres de Mach ; de même que ses couplages avec une dynamique de front plissé, supposée régie par une équation modèle non-linéaire reproduisant tous les résultats alors connus sur la dynamiques des formes de flammes. L’évolution de l’ensemble «flamme + acoustique» a ensuite été déterminée par résolution numérique du système intégro-différentiel à retards variables ainsi obtenu. Ce travail reproduit bien les phénomènes d’instabilités dites «primaire» puis «paramétrique» successivement observés expérimentalement. Ces travaux ont été effectuées dans le cadre de la Thèse de R. Rego (dir. : Y. D'Angelo, G. Joulin). Le cas des champs acoustiques haute-fréquence, non traité ci-dessus, vient d’être repris en collaboration avec l’IRPHE (Aix-Marseille), mais ab initio, sans équation-modèle. Ceci vise à comprendre pourquoi une modification spectaculaire de la morphologie des fronts peut en résulter (ex.: transformation par l’acoustique d’une flamme Bunsen conique en un demi ellipsoïde, phénomène identifié dans les années 1970 et bien étudié expérimentalement depuis).

 

  • Dynamique non-linéaire des flammes minces

Posé depuis 70 ans, le problème non-linéaire de la dynamique des flammes pré-mélangées, même laminaires, attend encore une résolution théorique complète, car il mêle hydrodynamique subsonique (et vorticale) densité variable, et frontière libre mobile. Plusieurs contributions y ont été apportées. L’équation de Sivashinsky (1977), non-linéaire et intégro-différentielle, régit la dynamique spontanée des formes de fronts pour de faibles valeurs du contraste de densité entre les gaz frais et gaz brûlés. Elle a été résolue analytiquement, et ses prédictions pour la forme des cellules de flamme contrôlées numériquement avec succès (collaboration: IRPHE, Université d’ Aix-Marseille I&II).

 

Fig. 2 : Fronts bruités (haut), ou pas (bas) accrochés dans un canal autour d'obstacles central ou latéraux, à contrecourant d'une injection‏. Collaboration B. Denet (IRPHE).

Pour isoler l’influence de frontières à géométrie non triviale, un modèle de flamme bidimensionnelle et potentiel (sans vorticité du côté brûlé) a été développé. Les méthodes de transformées conformes ont permis d’incorporer la forme des frontières, conduisant à des équations d’évolution (intégro-différentielles, évidemment) pour le front réactif. L’intégration numérique (collaboration: IRPHE) de ces dernières dans deux configurations (fronts à contrecourant d’une injection dans un canal, accrochés autour d’obstacle central ou latéraux) a permis d’étudier avec succès les flammes accrochées stationnaires, les conditions de «flash-back» ou de «soufflage», les instabilités déclenchées par le bruit, et la réponse de telles flammes à des injections oscillantes. D’autres géométries sont maintenant envisageables. Avec les géométries (front et frontières), la vorticité dans les gaz brûlés a toujours été un des principaux obstacles aux analyses théoriques de flammes. Elle a pu être incorporée dans des modèles bidimensionnels de flammes instationnaires, grâce à une série de généralisations du travail de K.A. Kazakov (Dept. Phys. Theor., Univ. d’Etat de Moscou) sur les fronts stationnaires, et en sa collaboration (2007-2010). Pour une flamme dans un canal, accrochée à contrecourant aux parois et de forme moyenne pré-supposée en «V», cette étape théorique importante permet de mettre en évidence une instabilité des fronts confinés due à la vorticité. Grâce aux méthodes de transformations conformes, cette série d’analyse a pu être étendue à des canaux de forme quelconque, et des généralisations de l’équation de Sivashinsky obtenues dans le cas de canaux à section lentement variable le long de l’axe ... puis résolues analytiquement.

 

  • Combustion turbulente des prémélanges parfaits et imparfaits

Sous l'hypothèse de flammes minces, le Laboratoire maintient depuis de nombreuses année une activité reconnue sur le plan international consacrée à l'analyse et au développement de modèles physiques pour la combustion turbulente. Une part importante des travaux effectués dans ce domaine est consacrée à l'analyse de la combustion des prémélanges imparfaits (dits partiels) et au développement de modélisations physiques pour ce type de conditions. Les travaux présentés ici ont été conduits en collaboration et avec le soutien financier de l'EDF (R&D, Châtou). Les résultats ont trait à (i) l’analyse et à la représentation de la structure fine – i.e. aux petites échelles où s’opère le mélange moléculaire entre gaz frais et brûlés - des flammes turbulentes, ainsi qu’à (ii) l’influence de cette structure sur les propriétés à plus grandes échelles, en terme de transport turbulent et de production de turbulence par la flamme en particulier. Un effort particulier a été entrepris pour inclure l'effet des écarts à l'hypothèse de flamme mince et considérer d'autres régimes de combustion (flammes épaissies). L’accent a été mis sur les couplages étroits avec la réaction chimique et l’expansion thermique. Ces phénomènes d’expansion thermique sont bien connus pour influencer notablement les propriétés du transport turbulent via le champ de pression en particulier. Dans le cadre des travaux de Thèse de Vincent Robin, Maître de Conférences à l’Université de Poitiers depuis Septembre 2009, nous avons proposé une représentation de ces effets de pression en pré-mélange parfait, détaillée dans Robin et al. (Combust. Sci. Technol. 2008), qui a été ensuite étendue au cas des pré-mélanges partiels, voir Robin et al. (Combust. Sci. Technol., 2008) publié la même année. Cette modélisation a permis de bien restituer les effets de production de turbulence et de diffusion non gradient tels qu’ils sont observés aussi bien par le biais de simulations numériques directes (analyses a priori de bases de données de DNS) que dans des expériences (analyses a posteriori conduites sur des données expérimentales issues du banc ORACLES mis en œuvre au Laboratoire).

 

Fig. 3 : Analyse DNS de la décroissance spatiale des fluctuations scalaires.

Concernant ces mêmes phénomènes, sur la base d’une analyse d’échelle une généralisation du critère basé sur le nombre de Bray a été récemment proposée par Mura et Champion (Combust. Flame, 2009). Elle montre clairement que ce nombre permet aussi de caractériser l'effet de l’expansion thermique sur le mélange à petites échelles (taux de dissipation). De plus, cette analyse a permis de préciser le domaine d’influence correspondant dans un diagramme des régimes de combustion tel que celui introduit par Borghi. Cette influence de l'expansion thermique sur les propriétés à petites échelles a motivé de nombreux travaux ces dernières années dans la communauté et au Laboratoire en particulier. Une synthèse des progrès les plus récents effectués en la matière vient d'ailleurs d'être rédigé en collaboration avec nos collègues de l'Université de Cambridge, et de Liverpool, voir Chakraborty et al. (Lean Premixed Combustion, 2011). Ils visent à améliorer la représentation du taux de dissipation scalaire d’espèces réactives - non résolus dans les modèlisations de type RANS ou LES - que cela soit par le biais de fermetures algébriques, voir par exemple Mura et al. (Combust. Flame 2007) ou Robin et al. (Combust. Flame 2008), ou bien plus élaborées nécessitant la résolution d’une équation de transport pour cette quantité, Mura et al. (Flow, Turbulence and Combustion, 2009). En particulier, le comportement des termes de couplage entre les gradients de vitesse et de concentration, discuté dans Mura et al. (Combust. Theory Modelling, 2008), qui interviennent aussi bien sur le transport turbulent (sous la forme d'une correlation double dans le bilan des flux scalaires) que sur le mélange à petites échelles (sous la forme d'une correlation triple cette fois) est influencé de manière cruciale par l'expansion thermique qui se produit à la traversée des structures de flammelette (au moins lorsqu'elles se maintiennent). En parallèle, des campagnes expérimentales conduites sur les bancs ORACLES (flamme stabilisée au niveau du double élargissement brusque de deux canaux plans superposés), cf. Fig. 1, et VESTALES (flamme stabilisée dans un écoulement divergent impactant sur une paroi), nous permettent de constituer des bases de données expérimentales bien adaptées pour la validation des fermetures proposées. Les travaux décrits dans Robin et al. (Combust. Sci. Technol., 2006) ou plus récemment dans Robin et al. (Comptes Rendus Mécanique, 2010) constituent deux exemples représentatifs de ce type de confrontation entre données expérimentales et simulations numériques. Si la configuration ORACLES a déjà été largement employée par la communauté et par nous-même à des fins de validation aussi bien dans un cadre RANS que LES, la configuration VESTALES se révèle quant à elle particulièrement bien adaptée pour la validation des modèles de transport turbulent. En effet, dans cette configuration d'écoulement, le champ de pression moyen est largement fixé par la divergence de l'écoulement via la vitesse de sortie du jet ou la distance à la paroi. Ce champ de pression est un des paramètres qui contrôle au premier ordre l'apparition de la diffusion à contre gradient. Des travaux aussi bien numériques qu'expérimentaux sont en cours pour compléter les analyses asymptotiques déjà conduites par M. Champion (en collaboration avec P.A. Libby et K.N.C. Bray) dans ce type d'écoulement pour de faible valeurs du taux de turbulence, voir en particulier Bray et al. (Combust. Flame, 2008).

 

Fig. 4 : Flamme pré-mélangée stabilisée dans un écoulement turbulent impactant sur une paroi.

Sur le thème de la modélisation de la combustion turbulente, la Simulation Numérique Directe vient maintenant complèter la panoplie des outils d'analyse théorique et de modélisation déjà disponibles et mis en oeuvre au Laboratoire. En complément des activités expérimentales, cela ouvre de larges perspectives pour assurer le maintien voire le développement des activités conduites sur ce thème.

 

  • Influence des fluctuations de température sur la combustion homogène dans des enceintes fermées

Si les pertes de chaleur aux parois sont susceptibles d'avoir une certaine influence sur les champs thermiques obtenus dans les expériences telles que celles conduites sur le banc ORACLES du Laboratoire, celle-ci est nettement plus critique pour le cas de l'auto-allumage dans des enceintes fermées tel qu'on le rencontre dans les nouveaux modes de combustion homogène (type HCCI pour Homogeneous Charge Compression Ignition) mis en oeuvre dans les moteurs à piston. En effet, dans ce type de condition le développement de la combustion se produit sous l'influence simultanée et conjointe (i) de la cinétique chimique, (ii) du mélange moléculaire à petite échelles et (iii) des transferts de chaleur aux parois. En fait, les cas de figure pour lesquels les trois processus sont aussi intimement couplés sont rares et cela constitue une des situations qui, aussi bien du point de vue de la maîtrise (contrôle) que de la représentation (modélisation), est parmi les plus complexes. Une Machine à Compression Rapide (MCR) a été conçue et développée au Laboratoire entre 2004 et 2005 pour s'intéresser plus particulièrement à ce type de condition. Les travaux de Thèse conduits par Camille Strozzi (Dir. M. Bellenoue et A. Mura) ont permis de confirmer l'importance cruciale de ces fluctuations de température. La mise en oeuvre simultanée de mesure de pression et de techniques d'imagerie strioscopique, ainsi que des études numériques basées sur la considération de l'évolution de la PDF jointe des variables thermochimiques, a permis de mettre en évidence le rôle critique des fluctuations de température et de leur évolution, Strozzi et al. (Combust. Sci. Technol. 2008). Par mesure P-LIF sur le toluène, on a ensuite procédé à la quantification des champs de température instantanés correspondants et des gradients associés. Les informations obtenues sont particulièrement utiles pour distinguer les différents modes possibles de propagation des zones de réaction «intenses» du type front d'auto-allumage ou bien déflagration, voir Strozzi et al. (Meas. Sci. Technol. 2009). D'autres travaux, essentiellement expérimentaux, sont maintenant consacrés au contrôle de l'auto-allumage de différents mélanges combustibles (propane, n-heptane, iso-octane) dans ce type de conditions.

 

  • Combustion dans des écoulements à grandes vitesses

Une autre situation dans laquelle l'allumage et son couplage avec l'écoulement jouent un rôle particulier est celle de la combustion dans les écoulements à grandes vitesses ; la problématique de stabilisation y est étroitement associée. Du point de vue expérimental, dans le cadre d'une collaboration avec MBDA-France portant sur l'allumage et la stabilisation de la combustion, on s'intéresse à des écoulements réactifs non pré-mélangés dans des conditions représentatives de la combustion dans des statoréacteurs. En effet, la connaissance des mécanismes qui prévalent à la stabilisation de la combustion dans les statoréacteurs (ramjets) ou dans les écoulements rapides d'un point de vue plus général reste encore imparfaite. Le Laboratoire s'est doté d'une soufflerie permettant d'étudier des flammes turbulentes non pré-mélangées susceptibles d'être stabilisées en aval d'un injecteur plan (fente). Le jet rapide de combustible issu de cet injecteur se mélange à deux écoulements d'air périphériques.

Ont été étudiées, les influences respectives

  • du confinement,
  • de la nature du combustible: H2, H2+CH4,
  • du rapport de vitesse à l'injection,
  • du rapport de masse volumique à l'injection obtenue par variation de la température d'air.

Dans les conditions retenues - représentatives de celles rencontrées dans les statoréacteurs - les trois premiers paramètres influencent notablement la stabilisation. En revanche, les résultats expérimentaux suggèrent en revanche une dépendance assez faible (ou inexistante) à la modification du rapport de vitesses caractéristiques à l'injection. Toujours dans des conditions subsoniques, la problématique de stabilisation des flammes non pré-mélangée est aussi étudiée du point de vue de la modélisation et de la simulation numérique. Dans le cadre d'une collaboration avec la Snecma DMS (Vernon) nous avons procédé au développement d'une modélisation Lagrangienne (dans l'espace des composition1) qui repose sur la considération des structures dites de «flammes triples» comme un ingrédient essentiel à la stabilisation pour ce type de condition. Sous l'hypothèse que les flammes de pré-mélange riche et pauvre correspondantes (c'est-à-dire les «ailes» des flammes triples) peuvent être considérées comme minces, les structures correspondantes ont pu être incluses dans la description de l'évolution Lagrangienne de la composition des particules fluides, voir les travaux de Mura et Demoulin (Combust. Theory Modelling, 2007).

 

Fig. 5 : Ecoulement supersonique réactif en aval d'un dièdre injecteur (super-statoréacteur).

Toujours dans le cadre de contrats de collaboration établis entre le Laboratoire, la Snecma DMS (Vernon) et le CNES, cette représentation a été étendue à la considération d'écoulements supersoniques («choqués» ou non). Dans ce cas de figure, les processus d'auto-allumage induits par la conversion de tout (ou partie) de l'énergie cinétique en chaleur devient susceptible d'affecter notablement le développement de la combustion. En régime turbulent, ce couplage vitesse - chimie requiert de considérer une variable supplémentaire. Notre choix s'est porté sur la prise en compte des variations d'enthalpie totale ht et c'est l'évolution Lagrangienne dans (Z,Y,ht) qui est considérée. Le modèle étendue à la considération de cette PDF jointe a été employé avec succès pour simuler aussi bien des jets réactif fortement sous détendus que des flammes jets supersoniques à hautes enthalpies (Izard et al. Combust. Sci. Technol. 2009) que des écoulements confinés fortement influencés par le développement de réseaux d'ondes de choc (Mura et Izard, AIAA Journal of Propulsion and Power, 2010). Les travaux sur ce thème doivent se poursuivre dans le cadre d'une Thèse financée par le CNES. Ils font aussi l'objet du travail de Thèse de Y. Moule Doctorant à l'ONERA (Collaboration avec V.A. Sabel'nikov). Outre l'intérêt que peuvent présenter les recherches conduites sur ce thème pour une de nos tutelles (ENSMA), le développement de cette activité consacrée à la combustion en écoulement rapide (supersonique) possède un caractère structurant et fédérateur au sein de la Branche entre Combustion et Détonique. Il constitue de surcroît un des axes de développement privilégié pour le Groupe Transverse Turbulence de l'Institut.

 

  • Combustion des brouillards et milieux diphasiques

Enfin toujours dans le cadre des collaborations de recherche établies avec le CNES (Evry) et la Snecma (Vernon), nous poursuivons le développement de modèles pour décrire la combustion cryotechnique telle qu'elle s'opère dans les moteurs principaux du lanceur européen Ariane.

 

Fig. 6 : Combustion cryotechnique : champ de température ; cas Mascotte-ONERA sous-critique.

Dans le cas supercritique, en collaboration avec F.X. Demoulin (CORIA Rouen), l'attention a essentiellement porté sur l'amélioration de la description retenue pour la dispersion turbulente de la phase dense (oxygène liquide). Sur la base d'une fermeture au second ordre (tension de Reynolds et flux turbulent de la fraction massique de liquide), nous sommes parvenus à l'introduction d'une viscosité turbulente généralisée qui incorpore les fortes variations de masse volumique, cf. Demoulin et al. (Atomization and Sprays, 2007). Cette loi simple a été ensuite utilisée avec succès pour conduire des simulations numériques du cas de référence Mascotte (ONERA). On trouvera de plus amples détails dans Demoulin, Zurbach et Mura (AIAA Journal of Propulsion and Power, 2009). Pour ces cas super-critiques, c'est donc une représentation Eulérienne associée à traitement simplifié de la la combustion turbulente du type chimie infiniment rapide qui a été retenu et l'effort a plutôt porté sur la description de la zone dense en champ proche des injecteurs. Plus récemment dans le cadre de la Thèse de J.F. Izard, nous nous sommes intéressés à des cas sous-critiques, pour lesquels nous avons procédé à des résolutions Eulérienne / Lagrangienne avec un traitement Lagrangien de l'équation de transport du spray 2. Pour ces cas de figure, c'est une représentation capable de traiter des effets de cinétique chimie finie du type Modèle Intermittent Lagrangien Modifié (discuté plus haut) qui a été retenue. Le modèle a été employé avec succès pour la simulation des cas de référence Mascotte A-10 (pression 10 bars).

 

 

Pour ce qui concerne la participation à l'organisation de congrès et colloques. On notera la tenue du la vingt et unième édition du colloque international ICDERS (Chair: M. Champion) qui a réuni près de 300 chercheurs à Poitiers en 2007, celle du 11ème Congrès Francophone de Techniques Laser (CFTL 2008), ainsi que la participation à différentes Ecoles thématiques (CNRS, Ercoftac): Ecole d'Eté sur la Turbulence et le Mélange Compressible organisée par l'AFM, le CNRS et l'Ercoftac (Marseille, France), Ecole de Printemps sur la Transition et la Turbulence (Ilha Solteira - SP, Brésil). Les membres de l'opération de recherche entretiennent des collaborations significatives et fructueuses avec de nombreuses Universités en France et à l'Etranger (Moscou, Cambridge, UCSD, Nagoya, Rio de Janeiro et UFU au Brésil). De nombreux partenariats industriels sont actifs (Snecma, MBDA, CNES, Renault, EDF, etc.). L'axe développe aussi des activités dans le cadre du programme INCA qui associe le CNRS, la Snecma et l'ONERA. Il maintient des relations étroites avec le Département d'Energétique Fondamentales et Appliquées (DEFA) de l'ONERA. Il a été retenu par l'EDF comme Laboratoire référent pour les activités de combustion.

 

 

La période 2006-2010 a été celle d'un rapprochement opéré entre différents acteurs de l'Axe de Recherche Structure de Flamme et Combustion Turbulente. L'objectif est de le poursuivre sur des sujets bien identifiés. A plus long terme, une réflexion doit permettre l'emploi de dispositifs expérimentaux simplifiés permettant d'intensifier encore les interactions entre expérience, théorie et modélisation, et simulation numérique. Le potentiel associé à ces interactions constitue indubitablement un des points forts de l'Axe de Recherche. Du point de vue expérimental, deux dispositifs (bancs ORACLES et VESTALES discutés plus haut) sont bien appropriés pour ce type de d'étude. La soufflerie grandes vitesses subsonique mise en oeuvre à l'ENSMA est aussi susceptible d'offrir ce type de possibilité. Enfin, même si la complexité associée au couplage fort des différents phénomènes mis en jeu en fait un terrain a priori moins propice, on doit aussi mentionner la Machine à Compression Rapide (MCR) qui a déjà permis d'opérer ce type de rapprochement avec succès.

 

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